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La greffe de moelle

 

- COMPRENDRE CE QU’EST UNE ALLOGREFFE DE CELLULES SOUCHES HEMATOPOÏETIQUES

L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques est utilisée dans le traitement d’un certain nombre des maladies du sang, qu’elles soient cancéreuses ou non. Il peut s’agir d’une greffe de moelle osseuse (cellules souches médullaires), d’une greffe de cellules souches périphériques, ou encore d’une greffe de sang placentaire (appelé aussi sang de cordon). Le principe, le déroulement et les risques associés vous sont expliqués.

- QUEL EST LE PRINCIPE D’UNE ALLOGREFFE ?

Dans le cadre d’une allogreffe, le principe est de détruire la moelle osseuse "malade" d’un patient receveur, pour la remplacer par de la moelle osseuse "en bonne santé" d’une personne "donneuse". Un greffon est constitué de cellules souches hématopoïétiques, à l’origine des cellules du sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes. Le greffon est donc prélevé chez un donneur sain. Il est essentiel que la compatibilité entre donneur et receveur soit la meilleure possible, afin de minimiser le risque de rejet de la greffe. Le donneur est idéalement : soit un membre de la famille (le frère ou la sœur dans un cas sur 3), soit un donneur volontaire inscrit sur un registre. Cette compatibilité est vérifiée par un test sanguin que l’on appelle le typage HLA (Human Leucocyte Antigen ou Antigène Leucocytaire Humain) du donneur et du receveur. Ce sont des molécules qui déterminent l’identité des cellules de chaque individu.

- D’OU PROVIENT LE GREFFON ?

Il peut s’agir d’une greffe de moelle osseuse (cellules souches médullaires), d’une greffe de cellules souches périphériques, ou encore d’une greffe de sang placentaire (appelé aussi sang de cordon). La moelle osseuse est prélevée par ponction des os du bassin sous anesthésie générale. Les cellules souches périphériques sont prélevées dans le sang. Le sang prélevé sur le cordon placentaire peut également être une source de cellules souches et constituer un greffon.

- QUAND VA-T-ON ME PROPOSER UNE ALLOGREFFE ?

C’est une décision médicale collégiale murement réfléchie. Dans différentes situations l’allogreffe de moelle, encore appelée allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, fait partie de l’arsenal thérapeutique de la maladie. Elle ne vous est proposée que si elle donne de meilleures chances de guérison par rapport aux autres traitements. Au préalable, il est nécessaire de réaliser un bilan complet comprenant notamment des examens sanguins, radiologiques et cardiaques. Les résultats vont permettre d’adapter les modalités de la greffe à votre situation, et d’identifier d’éventuels facteurs de risque de complications.

- Y A-T-IL UNE PREPARATION PARTICULIERE ?

Il convient de préparer votre organisme à l’acceptation du greffon pour être dans les meilleures conditions possibles : c’est l’étape du conditionnement. Il permet de favoriser la prise de la greffe en détruisant plus ou moins votre système immunitaire.

Il existe différents types de conditionnements associant chimiothérapie, radiothérapie et/ou immunothérapie de manière plus ou moins combinée. Les médecins décideront du meilleur conditionnement adapté à votre cas en fonction de votre âge, votre état général, du diagnostic de votre maladie et du type de greffon utilisé.
-  Un conditionnement myéloablatif, ou conditionnement standard, permet de traiter la maladie résiduelle et de favoriser la prise de greffe. Ce type de conditionnement n’est habituellement pas proposé à des personnes relativement âgées.
-  Un conditionnement non-myéloablatif ou conditionnement atténué est moins fort avec moins de risques de complications. Il concerne en général les personnes âgées, ou celles qui ne pourraient pas supporter un conditionnement myéloablatif, ou encore les patients dont la maladie ne nécessite pas de faire un conditionnement myéloablatif.
-  Un conditionnement à intensité intermédiaire dit à “toxicité réduite”, appelé aussi conditionnement séquentiel, est réservé à des cas particuliers.

- COMMENT SE DEROULE UNE GREFFE DE MOELLE ?

Le greffon contenu dans une poche de transfusion est administré par voie intraveineuse dans la circulation sanguine. Le geste est rapide, simple et indolore.

- Y A-T-IL UN RISQUE DE COMPLICATIONS ?

Chaque étape de votre parcours de greffe comporte un risque de complications. Selon votre maladie, vous aurez peut être déjà rencontré, avant la greffe, certaines d’entre elles (chute des cheveux, modifications du goût…). Il s’agit de conséquences sur l’organisme dues essentiellement au conditionnement et à l’aplasie (chute des globules blancs). Le conditionnement peut provoquer des nausées et/ou vomissements, des modifications du goût, une inflammation des muqueuses ce qui rend l’alimentation quelquefois difficile. Ces difficultés sont transitoires et réversibles. Il est en de même pour la chute des cheveux et la fatigue. L’équipe soignante vous proposera et mettra en place tous les moyens à disposition pour améliorer votre situation. La prévention et la prise en charge d’une douleur éventuelle seront systématiques. Le risque de complications existe dès les premières semaines et diminue après la première année. L’étape de la greffe et la période d’aplasie comportent un risque infectieux au cours des deux à quatre premières semaines. Les microbes et les champignons sont sensibles aux antibiotiques ou aux antifongiques. Les infections par certains virus ou parasites peuvent être prévenues par des médicaments. Un suivi médical et sanguin très régulier permet de faire face à ces situations.

- Y A-T-IL UN RISQUE DE REJET ?

Dans les premiers mois qui suivent la greffe :

  • Il peut arriver que la greffe ne prenne pas ou alors, la greffe a pris mais peut être rejetée au cours des premiers mois. Dans ces situations, on peut assez souvent proposer un traitement.
  • Une réaction du greffon contre l’hôte, aussi appelée GvH, peut se produire. En effet, les cellules souches provenant du greffon considèrent que certains de vos tissus ou organes sains, sont des corps étrangers et vont tenter de les détruire. Elles attaquent notamment : la peau entraînant des rougeurs ; le tube digestif et les intestins entraînant une diarrhée, des vomissements ; le foie et plus précisément les canaux biliaires entraînant une jaunisse (ictère). On parle de GvH aigüe lorsque la réaction ainsi déclenchée survient dans les quatre mois qui suivent la greffe. Des traitements efficaces et appropriés au grade de la GvH, sont alors mis en place. La GvH chronique survient parfois plus de trois mois après la greffe, mais rarement plus d’un an après. C’est une forme de réaction contre le greffon beaucoup plus complexe, mais moins agressive qu’une GvH aigüe. Elle nécessite des traitements prolongés mais à des doses moins fortes que celles utilisées dans une forme aiguë. Les organes les plus fréquemment atteints sont la peau, la bouche et les yeux.

- QUE SE PASSE T-IL APRES LA GREFFE ?

Une surveillance étroite est mise en place avec des bilans sanguins très réguliers. Une greffe prend lorsque les cellules neutrophiles commencent à apparaître dans le sang, dans un délai de 15 à 35 jours après la greffe. La réussite de la greffe peut être complète ou partielle. Selon votre maladie, les objectifs du traitement varient. A l’issue de la greffe, qui nécessite une hospitalisation de 3 à 4 semaines, vous pourrez préparer votre retour au domicile avec l’équipe soignante Dans certaines maladies on peut annoncer la guérison quelques années après la greffe. Dans d’autres situations, des risques de rechute ou des séquelles de la maladie peuvent persister longtemps. Vous pouvez consulter le site de la Société Française de Greffe de Moelle et de Thérapie Cellulaire, rubrique “Espace patients & Donneurs” pour en savoir plus.

 
 
Publié le lundi 25 janvier 2010
Mis à jour le lundi 28 avril 2014

 
 
 
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